jeudi 4 février 2010

L'aventure du roman 43 : The Courage Of Others

Paris 6ème arrondissement. Grands blonds sur souliers vernis évitant les flaques. Fiers de leur mèche, ils tiennent par la main des filles, aussi blondes, aussi vernies, qui jettent nonchalamment un œil méprisant sur l'individu peu soucieux de son allure - il a froid - qui se promène boulevard Saint-Germain, sac à dos Quéchua rempli de manuscrits et barbe entravée par les restes du repas de la veille.
Il va chez les éditeurs. L'inconscient. Stagiaires interchangeables et informatique de pointe chez Verticales, P.O.L et Buchet-Chastel ; tapis, dorures et hôtesses chez Gallimard ; librairie boisée tenue par péruvienne chez Dilettante ; couloir étroit, murs fatigués et placard avec vieille dame chaleureuse chez Minuit (c'est eux les meilleurs). C'est donc fait. Le deuxième roman attend le couperet. Toujours le même discours derrière les sourires : une réponse d'ici trois à quatre mois, entendez par là : si rien dans un mois, un mois et demi, ça sera non.

De retour de Paris, à peine sorti de mon TGV (oui, "mon", parce que le "il", vous aviez deviné grâce à la "barbe entravée par les restes du repas de la veille", c'était moi), esquivant grévistes amis et retards compréhensibles, je me suis rendu chez mon éditeur pour signer le contrat et le bon à tirer de mon premier roman. Dans les bacs (varois) vers le 22 février.
Mon éditeur, le malheureux (ou l'inconséquent, c'est à voir), ne cesse d'encenser Les Certitudes (le titre, je le rappelle) à qui veut l'entendre (3,44 personne en moyenne mensuelle). Cependant, il ne semble pas vraiment vouloir se lancer dans une campagne promotionnelle. Un peu frileux, l'éditeur. Il se contente d'être certain que les proches libraires sont au courant. Il demeure taciturne et soupçonneux lorsqu'on le sollicite à mon sujet. Et on le sollicite apparemment : l'amicale des bibliothécaires unijambistes du Languedoc, une vielle dame (ma grand-mère) et deux ou trois associations de réfugiés monégasques. Bref, j'ai l'impression qu'il n'y croit pas trop et qu'il m'édite avant tout pour changer des livres genre les mémoires de Dédé le pêcheur toulonnais. En tout cas, il me verrait bien prendre en charge cette promotion. Ce à quoi je ne peux me résoudre. J'enverrai quelques mails et attendrai que les choses se fassent d'elles-même.
Ventes approximatives attendues : 3,44

samedi 23 janvier 2010

L'aventure du roman 42 : Le contrat


Non, il ne sera pas question ici du mythique film d'Arnold Schwarzenegger, mais bien du contrat que j'ai enfin signé avec mon éditeur. Je dis enfin signé car, sans qu'il n'y ait eu de longues discussions quant à son contenu, ce n'est que maintenant, à quelques jours de parapher le bon à tirer pour l'imprimeur, que ce contrat m'a été envoyé.

Que dit ce contrat ? Rien de très intéressant ; rien qui ne mérite d'être évoqué ici, article 7 mis à part. Il s'agit de ce qu'on appelle le "droit de préférence " : l'auteur s'engage à proposer prioritairement ses trois prochains manuscrits à l'éditeur actuel qui libérera l'auteur s'il en refuse un. Article grandement contrariant pour moi qui, très prétentieux, est certain que mon deuxième roman est bien, mais alors bien meilleur que le premier, et qu'il mérite, toujours aussi prétentieusement, de trouver un écho chez un éditeur plus capé.

Et bien justement, mon éditeur actuel ne désirant pas spécialement s'engager à publier l'intégralité de mon œuvre, l'article 7 de mon contrat à moi est "nul et non avenu", indication qui m'enchante et me permet de profiter, le week-end prochain, d'un séjour parisien (concert de Midlake) pour déposer le manuscrit de mon deuxième roman achevé, sans entorse contractuelle, sans entourloupe, à Minuit, Gallimard, Verticales, Le Dilettante, Buchet-Chastel et P.O.L.

Ainsi, deux aventures se superposent.

dimanche 17 janvier 2010

L'aventure du roman 41 : Viande morte

J'ai enfin reçu les premières épreuves. Enfin, la première mise en page, parce que, bon, c'est pas encore ça... Déjà, le fait de me replonger dans un roman que j'ai écrit il y a un an et demi, durant une période très particulière, me laisse un arrière goût amer. Je trouve le texte médiocre, très très faible, et si je me mettais sérieusement à "relire" pour corriger et arranger, je devrais tout réécrire. Mais pas de fausse modestie. Certains de mes premiers lecteurs affirment que ce n'est pas du tout minable, que c'est même plaisant et que si j'ai cette impression dégueulasse d'avoir écrit une laideur, c'est avant tout à cause du temps écoulé - d'où l'idée de viande morte - et parce qu'un autre roman, très différent, beaucoup plus travaillé, a été rédigé et achevé. Gageons que oui.

Cependant, pour que mon humeur ne soit pas à ce point délétère, il n'aurait point fallu que je me rende compte - prise de conscience grandement aidée par une amie chère qui, se formant avec brio au métier de correctrice, pointe du doigt l'aspect impubliable dudit roman en l'état - qu'aucun travail de correction n'avait été accompli par mon éditeur, me refilant le bébé tout sale, encore plein de fautes d'orthographe et de typo. Il y a beaucoup de travail, donc, et travailler sur un cadavre qui ne m'appartient plus vraiment, voilà une chose que je ne souhaitais pas.

mercredi 6 janvier 2010

L'aventure du roman 40 : Ladies & Gentlemen...


...en avant-première : Cohen, le bleu, la couv. Merci à Marie pour la photo.

mercredi 23 décembre 2009

L'aventure du roman 39 : Photo choup



Bon, à la demande générale, et après un montage s'appuyant sur une photocopie dudit magazine, photocopie dont la qualité équivoque donne l'impression que je porte la moustache tel un journaliste sportif de ex-RDA, voici la photo (enfin la page du magazine où photo, malheureusement je dois dire, il y a).

Petites précisions. J'en avais parlé dans ces pages, mais vous pourrez remarquer que d'après Livres Hebdo (mais il s'agit d'erreurs de mon éditeur), je participe tous les ans au festival des Correspondances de Manosque. Ensuite, afin de faire plus "méridional", quelqu'un de mal attentionné a écrit que je faisais, dans mon roman, référence à notre chère Provence, ce qui est plutôt faux, mais qui, en étant mentionné ici, me fait un peu passer pour un vendeur d'huile d'olive, genre : le roman + 1 boîte de calissons = 20€. Dernier point : je ne suis pas spécialement fan de ma première phrase (comme du reste du roman), mais ça va quand on la lit avec la deuxième, puis la troisième (bref, quand on ne s'arrête pas à la première). Seulement, là, extirpée, esseulée loin de ses copines, présentée ainsi, abandonnée, ben ça fait nul (non mais cette histoire de rectangle, c'est nul sans la suite).

mercredi 16 décembre 2009

L'aventure du roman 38 : En une

Livres Hebdo n°801 du vendredi 11 décembre 2009. Dossier : "Les romans français de la rentrée 2010." Première photo dans un magazine, photo suivie d'un court texte de présentation. Sur le coup, ça m'a fait rire, j'étais content. Puis je me suis dit que les personnes qui font ce magazine n'ont pas lu mon livre et que ma présence dans leurs pages était plus le résultat des quotas gros/petits éditeurs que d'un choix critique. En même temps, c'est un magazine adressé uniquement aux professionnels (bibliothécaires, éditeurs, quelques libraires) et on ne le trouve pas à la vente. Bref, personne ne la verra cette photo. J'ai fait une photocopie au cas où, je la montrerai à mémé le soir de Noël.

mardi 15 décembre 2009

L'aventure du roman 37 : Pas si bien que ça, mais il va...

Non mais quand je parlais d'aventure, je ne pensais pas à ça. Alors oui, la modeste maison d'édition qui va me publier ne s'écroule pas et le roman sort toujours en février. Seulement, j'ai reçu un mail de mon éditeur aujourd'hui, afin que nous fixions une date pour (enfin) décider de la couverture du roman. Il proposait que nous nous voyions la semaine prochaine en précisant que cette semaine, c'est pas possible, il a la grippe A...
Je lui ai répondu qu'on se verrait après les fêtes, histoire de ne pas chopper H5N1 avant Noël. Après, on verra bien. Si tant est qu'il soit encore de ce monde, l'éditeur. Je le lui souhaite sincèrement.