Paris 6ème arrondissement. Grands blonds sur souliers vernis évitant les flaques. Fiers de leur mèche, ils tiennent par la main des filles, aussi blondes, aussi vernies, qui jettent nonchalamment un œil méprisant sur l'individu peu soucieux de son allure - il a froid - qui se promène boulevard Saint-Germain, sac à dos Quéchua rempli de manuscrits et barbe entravée par les restes du repas de la veille.
Il va chez les éditeurs. L'inconscient. Stagiaires interchangeables et informatique de pointe chez Verticales, P.O.L et Buchet-Chastel ; tapis, dorures et hôtesses chez Gallimard ; librairie boisée tenue par péruvienne chez Dilettante ; couloir étroit, murs fatigués et placard avec vieille dame chaleureuse chez Minuit (c'est eux les meilleurs). C'est donc fait. Le deuxième roman attend le couperet. Toujours le même discours derrière les sourires : une réponse d'ici trois à quatre mois, entendez par là : si rien dans un mois, un mois et demi, ça sera non.
De retour de Paris, à peine sorti de mon TGV (oui, "mon", parce que le "il", vous aviez deviné grâce à la "barbe entravée par les restes du repas de la veille", c'était moi), esquivant grévistes amis et retards compréhensibles, je me suis rendu chez mon éditeur pour signer le contrat et le bon à tirer de mon premier roman. Dans les bacs (varois) vers le 22 février.
Mon éditeur, le malheureux (ou l'inconséquent, c'est à voir), ne cesse d'encenser Les Certitudes (le titre, je le rappelle) à qui veut l'entendre (3,44 personne en moyenne mensuelle). Cependant, il ne semble pas vraiment vouloir se lancer dans une campagne promotionnelle. Un peu frileux, l'éditeur. Il se contente d'être certain que les proches libraires sont au courant. Il demeure taciturne et soupçonneux lorsqu'on le sollicite à mon sujet. Et on le sollicite apparemment : l'amicale des bibliothécaires unijambistes du Languedoc, une vielle dame (ma grand-mère) et deux ou trois associations de réfugiés monégasques. Bref, j'ai l'impression qu'il n'y croit pas trop et qu'il m'édite avant tout pour changer des livres genre les mémoires de Dédé le pêcheur toulonnais. En tout cas, il me verrait bien prendre en charge cette promotion. Ce à quoi je ne peux me résoudre. J'enverrai quelques mails et attendrai que les choses se fassent d'elles-même.
Ventes approximatives attendues : 3,44
Il va chez les éditeurs. L'inconscient. Stagiaires interchangeables et informatique de pointe chez Verticales, P.O.L et Buchet-Chastel ; tapis, dorures et hôtesses chez Gallimard ; librairie boisée tenue par péruvienne chez Dilettante ; couloir étroit, murs fatigués et placard avec vieille dame chaleureuse chez Minuit (c'est eux les meilleurs). C'est donc fait. Le deuxième roman attend le couperet. Toujours le même discours derrière les sourires : une réponse d'ici trois à quatre mois, entendez par là : si rien dans un mois, un mois et demi, ça sera non.
De retour de Paris, à peine sorti de mon TGV (oui, "mon", parce que le "il", vous aviez deviné grâce à la "barbe entravée par les restes du repas de la veille", c'était moi), esquivant grévistes amis et retards compréhensibles, je me suis rendu chez mon éditeur pour signer le contrat et le bon à tirer de mon premier roman. Dans les bacs (varois) vers le 22 février.
Mon éditeur, le malheureux (ou l'inconséquent, c'est à voir), ne cesse d'encenser Les Certitudes (le titre, je le rappelle) à qui veut l'entendre (3,44 personne en moyenne mensuelle). Cependant, il ne semble pas vraiment vouloir se lancer dans une campagne promotionnelle. Un peu frileux, l'éditeur. Il se contente d'être certain que les proches libraires sont au courant. Il demeure taciturne et soupçonneux lorsqu'on le sollicite à mon sujet. Et on le sollicite apparemment : l'amicale des bibliothécaires unijambistes du Languedoc, une vielle dame (ma grand-mère) et deux ou trois associations de réfugiés monégasques. Bref, j'ai l'impression qu'il n'y croit pas trop et qu'il m'édite avant tout pour changer des livres genre les mémoires de Dédé le pêcheur toulonnais. En tout cas, il me verrait bien prendre en charge cette promotion. Ce à quoi je ne peux me résoudre. J'enverrai quelques mails et attendrai que les choses se fassent d'elles-même.
Ventes approximatives attendues : 3,44



